Ce qui reste constant lors des Jeux Olympiques, c’est la répétition de certains moments, les médailles, les sourires, les larmes de bonheur. On a l’impression que c’est le couronnement idéal, l’instant où tout s’éclaire enfin. Et d’une certaine manière, c’est exact. Cependant, ce qu’on observe beaucoup moins, c’est ce qui se déroule une fois que tout cela est achevé. Car une fois les Jeux terminés, il n’y a plus rien d’organisé.
Le lendemain de la victoire
Durant de nombreuses années, les sportifs portent un but précis en tête. Tout est structuré autour de cela : les entraînements, la nutrition, le style de vie, et parfois même les relations personnelles. Chaque jour porte une signification spécifique. Et tout à coup, cet objectif s’évanouit. Que tu aies triomphé ou échoué, l’issue est identique : la parenthèse se referme.
Michael Phelps
Initialement, il y a fréquemment un sentiment de soulagement. La tension diminue, le corps a enfin la possibilité de se détendre. Cependant, très rapidement, certains commencent à ressentir autre chose. Un vide qui est ardu à justifier. Comme si toute l’énergie qu’ils avaient amassée pendant des années s’évanouissaient soudainement. Des athlètes tels que Michael Phelps en ont discuté publiquement. Suite à ses réussites, il a confié se sentir désemparé, sans véritable but, malgré avoir réalisé ce dont une multitude de personnes aspire toute leur existence.
L'identité au-delà de l'athlète
Il y a également le retour vers une existence plus normale. Moins de regards, moins d’interactions, moins de concentration. Durant quelques semaines, ils sont au centre des conversations de tous. Puis, l’intérêt s’érode progressivement. Et cela peut être perturbant, surtout si l’on a été conditionné à vivre dans un état de reconnaissance continue. Mais ce n’est pas nécessairement ça qui est le plus compliqué. Il s’agit de la question de l’identité.
Le droit à l'incertitude
Que reste-t-il de vous lorsque votre identité d’athlète, qui vous a défini pendant des années, s’évanouit avec la fin de la compétition ? Il y en a qui parviennent à se remettre rapidement, à établir de nouveaux buts ou à entreprendre d’autres initiatives. Certains nécessitent davantage de temps pour se remettre. C’est également pour cette raison que des sportifs tels que Simone Biles ont souligné l’importance de la santé psychologique. Car même aux plus hauts échelons, nul n’est à l’abri de ces instants d’incertitude.
La victoire intérieure
Progressivement, les choses se développent. Il est plus aisé de discuter de ces thèmes, et le soutien psychologique commence à s’imposer réellement dans le milieu du sport d’élite. C’est néanmoins toujours un sujet plutôt discret, loin de l’image impressionnante que l’on attribue aux Jeux. En fin de compte, les Jeux Olympiques ne se terminent pas réellement avec la cérémonie de clôture. Pour de nombreux sportifs, c’est précisément là qu’une nouvelle phase débute. Une phase moins en vue, moins couverte par les médias, mais tout aussi cruciale, savoir progresser une fois que le rêve s’est estompé.